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Agnisākṣi — 1
Synopsis et première approche du roman

Agnisākṣi
de
Laḷitāmbika Antarjanaṃ,
malayalam, 1976

Dans ce synopsis de travail, j'alterne l'anglais et le français pour utiliser au mieux la traduction existante et la littérature secondaire.

Le titre du roman fait référence au Dieu du Feu invoqué comme témoin de l'engagement des deux époux lors de la cérémonie de mariage chez les brahmanes Nambudiri du Kerala. Les structures traditionnelles de la parenté chez les Nambudiri (brahmanes) et les Nayar (shudras) du Kerala déterminent la position des principaux personnages de cette histoire qui se déroule dans les années 1930–1960. Ces structures de parenté traditionnelles ont officiellement disparu depuis la fin des années soixante.

Famille jointe Nambudiri (illam): patrilinéaire, patrilocale
Famille jointe Nayar (tharavad): matrilinéaire, matrilocale

Les hommes Nambudiri peuvent contracter des mariages secondaires avec des femmes Nayar; les enfants nés de cette union sont Nayar et doivent en principe résider dans leur famille Nayar, car leur présence dans l'illam Nambudiri risque à chaque instant de polluer celui-ci.

Aphan Nambudiri est le chef de famille de Manamballi Illam; il a épousé en mariage secondaire une nayar dont il a eu une fille, Thankam, qui est l'une des deux héroïnes du roman ou qui en est, disons, le second rôle féminin. Il a par ailleurs deux fils d'un mariage principal avec une Nambudiri, son fils aîné Unni et son fils cadet Aniyan.

Thankam, fille de Aphan Nambudiri issue d'un mariage nayar, est à la fois introduite dans l'illam et exclue de l'illam. Profitant du privilège exclusif que détient le chef de famille de modifier à son profit les règles de résidence, Aphan installe son épouse nayar et sa fille Thankam dans un bungalow séparé de la maison principale sur le compound de Manamballi Illam. Thankam devient donc très proche de son demi-frère Unni (qui lui enseigne le sanskrit et à qui elle enseigne l'anglais), puis de l'épouse de Unni, Devaki Manamballi, la principale héroïne du roman. Mais Thankam ne doit jamais toucher son père de peur de le polluer, et à la mort de celui-ci elle est expulsée de l'illam et donc séparée de ceux qu'elle aime, Unni et Devaki. L'histoire est celle de leur aliénation et finalement de leur réunion.

Unni et Thankam

With the God of Fire as principal witness, Unni accepts Devaki as his wife and brings her into the fold of his Nambudiri [Namboothiri, Nampūtiri] illam. Bound by the plethora of traditional beliefs, customs and rituals that constitute life within the four walls of the joint family, Unni is unable to be a good husband, and they soon become alienated although they understand and love each other. Guarded by the fortress of tradition, the family remains oblivious to the winds of change sweeping through society. Though Unni is aware, he shuts the door to everything that his family will never be able to comprehend or accept. But Devaki, who had received a liberal education in her own Nambudiri family, longs to step out into the world until she rejoins Gandhiji as an activist in the Quit India movement. Set in the early 1930s, the story develops against the backdrop of the struggle for freedom from the British rule.

The narrative opens in Haridwar, a holy city, where Thankam, Unni's half-sister and spiritual disciple, has come to immerse Unni's ashes in the Ganga and trace Devaki, who now is an ascetic. The story is revealed through the reminiscences of Thankam.

Du point de vue stylistique, le roman est construit par analepses (flashbacks), ce qui produit le même effet que le style indirect libre, à savoir une métalepse narrative, puisque les événéments anciens sont racontés tels qu'ils ressurgissent à la mémoire de Thankam (devenue Mrs. Nayar), sous la forme d'un monologue intérieur se développant en rêve dans des périodes du temps de l'histoire principale où elle est évanouie ou endormie.

Devaki et Thankam. La promesse de partager leurs enfants

The different trajectories taken by upper-caste women in early 20th century Malayalee society in their search for self-fulfillment are unraveled through the memories of the two central protagonists, Devaki Manamballi and Thankam Nair. The pursuit of different trajectories by these women break up an original unity, an intimate friendship, characterised by complete openness to each other and close knowledge of each other's internal lives. It makes impossible the keeping of a promise to maintain this unity by sharing their children.

Cette promesse est évoquée au Chapitre 11, p.83 par le biais de l'iconicité des noms propres.

Devu used to ask "Granny, why did you give me this old-fashioned name? Devu, Devaki, I feel ashamed to tell others. I am going to change it to Devika."

Puis style indirect libre: Mrs. Nayar ne dit pas cela vraiment à une petite fille de 6 ans. Car Devu a six ans, Chap.2 p.19.

Oh! Child! There is only the difference of a vowel between "Devika" and "Devaki." But that is a big change. Do you know, for whose memory's sake, I was insistent on keeping this name? I had given word to someone that if my first child's first child was a girl, I would give her this name. My dear girl, she had yearned a great deal for a child. She used to say: "I don't think I will give birth to a child, Thankam. There is no chance of it. But your child will be my child also. If it is a girl, please give her my name, otherwise, for its daughter."

At that time, Thankam was dead against marriage itself. Yet she placed her hands on the other person's and solemnly promised, "If one of us has a child, it will belong to both of us."