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Parenté et cosmologie (Inde du sud)

Dans l'Inde contemporaine les individus restent fidèles à la cosmologie traditionnelle, qu'ils ont intériorisée alors qu'elle se formulait dans l'espace public jadis sous la forme de structures de parenté. Les règles du mariage se greffaient sur la cosmologie hindoue et en particulier les trois doctrines de l'échelle des êtres, de la pluralité des mondes vécus et du lien naturel entre les vivants.

Les études de parenté (kinship studies), repensées dans cette perspective philosophique, cessent de nous sembler obsolètes et nous ouvrent au contraire une autre voie d'accès à l'expérience vécue de la pluralité des mondes. Je prendrai mes exemples en Inde du sud et en particulier dans l'ethnographie, l'histoire et la littérature malayalam.

Autour des Nāyar et des «sociétés à Maisons» dont ils sont l'exemple canonique, les études de parenté se poursuivent en continuité avec l'œuvre de Louis Dumont (Les mariages nayar comme faits indiens) mais sans en négliger «le côté sentimental» comme disait Malinowski. Simultanément, dans le sillage de David Schneider, nous rejoignons McKim Marriott et son école en reprenant à nouveaux frais, à partir d'une lecture de première main des textes sanskrits, l'étude des fluides vitaux qui véhiculent les liens de parenté.