panikerArticleMenu_layout

Fils pour le Dharma, fils né du Kāma

Jeudi 13 mars 2014

Lois de Manu IX, 104 à 111

Traduction Auguste Loiseleur-Deslongchamps

Il s'agit des frères qui ont le choix de vivre ensemble dans une famille indivise, ou de se séparer en créant une nouvelle famille autonome qui s'installe ailleurs dans un autre lieu de résidence.

(Précèdent les règles de mariage)

104. Après la mort du père et de la mère, que les frères, s'étant rassemblés, se partagent également entre eux le bien de leurs parents, lorsque le frère aîné renonce à son droit ils n'en sont pas maîtres pendant la vie de ces deux personnes, à moins que le père n'ait preféré partager le bien lui-même.

105. Mais l'aîné, lorsqu'il est éminemment vertueux, peut prendre possession du patrimoine en totalité, et les autres frères doivent vivre sous sa tutelle comme ils vivaient sous celle de leur père.

106. Au moment de la naissance de l'aîné avant même que l'enfant ait reçu les sacrements un homme devient père et acquitte sa dette à l'égard de ses ancêtres(*), le fils aîné doit donc tout avoir.

(*) Les ancêtres de celui qui n'a pas de fils pour accomplir le śrāddha en leur honneur, sont exclus du séjour celeste.

yasmin nṛṇaṃ saṃnayati yena cānantyam aśnute /

sa eva dharmajaḥ putraḥ kāmajān itarān viduḥ // 107 //

"Only that son to whom he passes on his debt and through whom he obtains immortality is born through the Law; others, they say, are born through lust."

107. Le fils, par la naissance duquel un homme acquitte sa dette et obtient l'immortalité, a été engendré pour l'accomplissement du devoir; les Sages considèrent les autres comme nés de l'amour.

108. Que le frère. aîné, lorsque le bien n'est pas partagé, ait pour ses jeunes frères l'affection d'un père pour ses fils; ils doivent, suivant la loi, se comporter envers lui comme à l'égard d'un père.

109. L'aîné fait prospérer la famille ou la détruit suivant qu'il est vertueux ou pervers, l'aîné dans ce monde est le plus respectable; l'aîné n'est pas traité avec mépris par les gens de bien.

110. Le frère aîné qui se conduit ainsi qu'un aîné doit le faire est à révérer comme un père, comme une mère; s'il ne se conduit pas comme un frère aîné on doit le respecter comme un parent.

evaṃ saha vaseyur vā pṛthag vā dharmakāmyayā /

pṛthag vivardhate dharmas tasmād dharmyā pṛthakkriyā // 111 //

111. Que les frères vivent réunis, ou bien séparés, s'ils ont le désir d'accomplir séparément les devoirs pieux; par la séparation, les actes pieux sont multipliés; la vie séparée est donc vertueuse.

112. « Il faut prélever pour l'aîné le vingtième de l'héritage avec le meilleur de tous les meuhles; pour le second, la moitié de cela, ou un quarantième; pour le plus jeune, le quart, ou un quatre-vingtième.

(Suivent d'autres règles de partage du patrimoine)