dubuffetRubriqueAside_layout

Corps relationnels,
théories natives et parenté

Enric Porqueres I Gené
Francis Zimmermann

2e et 4e jeudis du mois de 11 h à 13 h
(salle 1, 105 bd Raspail 75006 Paris)
du 10 novembre 2016 au 8 juin 2017

Nous poursuivons une enquête et une réflexion à deux voix sur les relations de parenté dont le point de départ est le corps, espace premier de l'expérience humaine, et qui donnent toute leur place aux théories natives.

L'idée spontanément admise dans la culture européenne ou américaine est que les faits biologiques de la procréation, de la gestation et de la naissance des enfants sont le socle sur lequel se construisent les liens de parenté. Mais, dans le contexte des nouvelles pratiques de mariage pour tous, gestation pour autrui et assistance médicale à la procréation, les anthropologues du «tournant ontologique» ont radicalement changé les termes du débat en inversant le rapport entre alliance de mariage et filiation. Ce sera le point de départ du séminaire 2016–2017 et de notre enquête sur l'émergence et le développement de la génomique dans ses dimensions sociales et culturelles: dons d'organes et de tissus, bioéthique, nouvelles parentés et cosmologies qui y sont associées.

Nous porterons une attention particulière aux substances vitales dont la transmission et le partage créent des liens de parenté. La production, la préparation et la consommation des nourritures jouent un rôle dans la construction des liens de parenté dans la mesure où ces liens sont fondés sur des substances partagées. Dans les théories natives que nous entreprenons d'étudier, non seulement les substances corporelles comme le sang et le lait sont un véhicule de transmission de codes sociaux, mais les substances non corporelles comme la terre, les aliments ou le son, c'est-à-dire des substances appartenant au monde environnant et non pas à la physiologie du corps humain, véhiculent elles aussi des codes sociaux dont le partage crée des liens de parenté.