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Coolies dans les plantations de thé en Assam

A partir des années 1860 et jusqu'aux années 1920, les planteurs disposant de capitaux en Assam se libérèrent successivement de deux contraintes initiales, en adoptant d'abord des variétés assamaises de Camellia sinensis puis en se débarrassant de la main d'œuvre chinoise et de la main d'œuvre locale (les paysans Kachari) qu'ils employaient jusqu'alors, pour recruter des coolies venant du centre ou du sud de l'Inde via a penal and indentured labour regime, un régime de travail sous contrat pénal instituant une servitude.

Jayeeta Sharma, 'Lazy' Natives, Coolie Labour, and the Assam Tea Industry, Modern Asian Studies, Vol.43, No.6 (Nov., 2009), pp.1287–1324.

(1304) In the early years of the tea enterprise, the British nurtured a Chinese illusion. It concerned the tea plant, and its grower, and their ubiquity. However, once the British learnt to grow tea, Chinese tea-growers were dispensable. Soon, Assam's tea industry punctured the remainder of the illusion about Chinese tea. Growers found that the China-Assam hybrid plant was ill-suited to the Assam environs. Planters referred to it as the 'plague' and substituted it with improved varieties of the native Assam plant. In place of the Chinese artisanal system, British capital produced Assam tea on an industrial scale on large plantations. This colonial tea industry's prime need was for cheap, docile, easily reproducible labour. Both imported Chinese workers and local labourers proved unsatisfactory. In order to find its ideal workforce, the tea industry took recourse to the expertise of other imperial plantation enterprises.


tea coolies

Coolies watering the tea bushes (c. 1870)

http://wiki.fibis.org/index.php?title=File:Carrying_ water_for_tea_coolies.jpg

Photographie de Sir Samuel Cleland Davidson (1846–1921), planteur de thé en Assam (de 1864 à 1874), inventeur de patented machinery pour la manufacture du thé et fondateur de la compagnie Davidson à Belfast en 1881.

Je remercie Emilie Arrago-Boruah de sa précieuse interprétation de cette photographie. L'homme vu de face, observe-t-elle, porte un dhutī, plus long malgré sa modeste qualité. L'homme vu de dos porte un leṅgṭi et laisse manifestement passer l'homme au dhutī. Les dictionnaires confirment cette hiérarchie.

Assamais dhutī, hindi dhotī, sanskrit dhutī. Cf. Hobson-Jobson, s.v. DHOTY: "worn by all the respectable Hindu castes."

Assamais leṅgṭi, hindi laṅgoṭi, "a strip of cloth worn between the thighs to cover the private parts" (dictionnaire assamais). Cf. Hobson-Jobson, s.v. LUNGOOTY: "the scantiest modicum of covering worn for decency by some of the lower classes when at work."


Le Viceroi proclama officiellement le 27 mars 1917 l'interdiction du Coolie Trade à destination extérieure à l'Inde: No native of India shall depart by sea out of British India for the purpose of or with the intention of labouring for hire in any country beyond the limits of India. Restait le Coolie Trade interne à l'Inde, du sud vers l'Assam par exemple. Mais le système de travail sous contrat (indentured labour system) prit fin progressivement dans l'Empire britannique entre 1908 et 1926, pour des raisons économiques — des taux de mortalité et de désertion croissants, un taux de fertilité trop bas renchérissaient les coûts de main d'œuvre — autant que politiques — manifestations et révoltes ouvrières qui en Assam culminent en 1921: grève à Chargola et exode des coolies.